Vers une culture des médias sociaux à l’école
Last modified on 2012-04-20 05:07:34 GMT. 0 comments. Top.
Voici le texte de la conférence d’ouverture du dernier colloque de l’AQUOPS, prononcée par Julie Beaupré. La réflexion et les idées qui y sont déployées rejoignent énormément mon point de vue à propos de la motivation des élèves à écrire dans un contexte scolaire actuel. J’encourage les enseignants du primaire à le lire et à expérimenter les médias sociaux en classe. Pour ma part, après 8 mois d’utilisation de twitter en classe, je ne peux que me réjouir des résultats auprès de mes élèves.
Les médias sociaux: une culture pédagogique à développer.
Twitter – Les 4 premiers mois
Last modified on 2012-01-24 08:04:38 GMT. 0 comments. Top.
La routine s’installe
Depuis la fin d’octobre, les activités reliées à Twitter sont moins fréquentes, mais plus significatives. Auparavant, je tentais de prendre le temps de lire le fil de nouvelles 3 à 4 fois par semaine avec les élèves. Avec le recul, je m’aperçois que c’était trop pour certains. Maintenant, mon seul engagement est de visiter le compte au moins une fois par semaine. Bien entendu, il y a des moments plus forts, par exemple Noël, où nous avons plus de choses à partager. Mais il y a des semaines plus tranquilles, où parfois ce sont les élèves qui me demanderont d’aller prendre des nouvelles de leurs amis. Je nous laisse beaucoup plus de liberté, ce qui rend nos visites plus intéressantes et spontanées.
Gentillesse et politesse
Les échanges inter-classes continuent d’être variés, et les élèves apprennent l’importance de saluer, de complimenter et de remercier. Plusieurs sont maintenant capables de composer leurs phrases seuls, mais ils continuent de travailler en dyades, modèle très approprié pour ce type de travail en 1re année. Je remarque qu’ils mettent beaucoup d’effort pour transmettre des messages clairs. Ils sont libres de poser les questions qu’ils veulent, et ils en ont beaucoup! Les photos jointes aux messages permettent de mieux communiquer nos idées et je tente d’en insérer souvent. Je considère que les classes avec qui nous sommes fréquemment en contact sont de très fidèles amis qui prennent le temps de nous lire, de nous encourager et de répondre à nos questions. Un réel attachement s’est créé au fil du temps.
Variété des échanges
Les parents abonnés à notre compte nous envoient parfois des messages concernant leur enfant et des événements qui se sont produits à la maison. Ceci donne lieu à des discussions intéressantes et permet de valoriser leurs bons coups.
Des défis, de la culture
Il n’est pas rare que les classes ou les enseignants envoient des questions-défis que les élèves aiment bien lire et solutionner. La fête de Noël leur a permis de comprendre qu’on la célèbre très différemment , selon l’endroit où l’on se trouve dans le monde.
Souhaits
Comme chaque élève a des motivations différentes concernant l’utilisation de Twitter, allant de très peu à énormément, je souhaite laisser plus de liberté à chacun. Ainsi, lors des ateliers, je laisserai 2 postes d’ordinateurs disponibles pour Twitter afin qu’ils puissent lire les messages et y répondre de façon autonome, au lieu de le faire en groupe. Comme toujours, je vérifierai le contenu des messages qui seront envoyés en ligne.
Finalement, je veux nous garder plus de temps pour participer plus activement à certaines discussions ou projets, voire même les déclencher.
Jusqu’à maintenant, le bilan est très positif et je tiens à remercier les parents de mes élèves qui ont fait preuve d’une belle ouverture, ainsi que les classes pour leur disponibilité et leur amitié. J’ai l’impression que mes élèves garderont de bons souvenirs de cette expérience vu le côté très humain de ces échanges.
Voici le lien des twittclasses où sont répertoriées les classes francophones utilisant Twitter : http://twittclasses.posterous.com/
Twitter – Les premières semaines
Last modified on 2012-01-24 08:07:29 GMT. 0 comments. Top.
Présentation aux élèves
Après les premiers jours de septembre passés à apprivoiser mes élèves et vice-versa, nous avons discuté de l’utilité de l’apprentissage de l’écriture, d’internet, des communications. Peu à peu, nous en sommes venus à parler de Twitter et de ses usages. La totalité des élèves ne connaissant pas cet outil, je leur ai montré de quoi il s’agissait sur le TBI. Nous avons observé les différentes parties de l’interface, et lu les messages des classes que je suivais déjà sur le compte de la classe. Le plus remarquable dans les débuts de l’implantation de Twitter fut la curiosité des élèves à propos de ce que les autres classes publiaient. Puisque les classes de leur âge provenaient de la France et de la Belgique, l’envie de connaître leur vie d’écolier était très présente. Nous avons discuté de l’alphabet, échangé des chansons que nous avons enregistrées, comparé les jeux les plus populaires dans les cours d’école.
L’écriture des messages
Au départ, j’écrivais les messages, mais ensuite les élèves ont commencé à les écrire eux-mêmes au clavier. Comme leur connaissance de l’écrit était minime, je notais leurs messages sur papier, et les élèves l’écrivaient au clavier de l’ordinateur. Encore une fois, la plupart étaient très motivés à utiliser l’ordinateur pour échanger avec leurs nouveaux amis.
En procédant ainsi, j’ai réalisé que les élèves faisaient des apprentissages variés tels que: l’alphabet, l’utilisation des majuscules et des points, la maîtrise du clavier. Je notais les messages sur papier en lettres majuscules, car cela leur facilitait la tâche, vu qu’elles étaient semblables à celles du clavier. Peu à peu, ils deviennent habitués à faire le transfert des majuscules aux minuscules, à l’aide d’une bande que j’ai collée au bas de l’écran et sur laquelle il y a l’alphabet en majuscules et minuscules (un autre apprentissage important en début de 1re année).
Un autre aspect intéressant qui survient, avec Twitter, est l’importance de formuler sa pensée de façon claire, puisque ce sont les élèves qui me dictent les messages qu’ils écriront. En procédant de cette façon, les élèves apprennent également la différence entre le langage oral et le langage écrit, ce qui n’est pas à négliger au début de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture.
Au fil des semaines
J’apprends, en même temps que les élèves, comment utiliser Twitter efficacement en classe au fil des jours et des semaines. Des parents se joignent peu à peu à Twitter et nous envoient des messages.
La motivation est toujours présente, même si le temps manque parfois pour se connecter. Les échanges sont riches et variés. Nous commentons sur des thèmes (#mot-clic), nous partageons des activités de l’école, nous répondons à des questions posées par d’autres classes.
Nous visitons le monde bien assis dans la classe, nous apprenons la culture et la vie des enfants d’autres pays tels que la Belgique, la France et l’Afrique. Nous sommes aussi abonnés à quelques classes du Québec. Les élèves sont impressionnés par le fait que des grands de 5e année s’intéressent à ce qu’ils écrivent.
La suite
Je constate que l’utilisation de Twitter en classe est définitivement un ajout intéressant et peut rencontrer divers buts pédagogiques, car les possibilités sont multiples. Mon but premier étant l’ouverture sur le monde, je peux dire que cette mission est déjà accomplie. Un autre fait non-négligeable est l’apport de la motivation en lecture. Les élèves sont toujours heureux de constater qu’ils sont capables de lire certains mots que je surligne au TBI et me surprennent souvent en décodant ou en reconnaissant des mots plus difficiles. L’apprentissage de l’écriture allant bon train, je souhaite que les élèves en viennent à composer et écrire eux-mêmes les messages.
Dans un prochain article, il sera question de la gestion des abonnements et des abonnés et d’autres découvertes qui viendront sûrement. Un dernier souhait serait de pouvoir échanger avec une autre classe de 1re année du Québec. Il en existe sûrement et je prie les lecteurs de m’aviser s’ils en connaissent une!
Brigitte Léonard
Pourquoi twitter en classe? (2e partie)
Last modified on 2012-01-24 08:12:44 GMT. 0 comments. Top.
Le projet
Suite à l’acceptation du projet-twitter, j’ai continué mes lectures sur les utilisations possibles de cet outil en classe. Comme nous en sommes au tout début, les écrits ne sont pas volumineux, mais j’ai pu y trouver des informations très pertinentes dont certaines que j’ai retenues pour mon projet. Fait à noter, le mouvement twitter en français est beaucoup plus présent en Europe que par ici. D’ailleurs, c’est en France que j’ai trouvé la classe de M. Masson, une des premières à utiliser twitter avec des élèves de 6 ans. J’ai trouvé beaucoup de conseils auprès de leur enseignant, Jean-Roch Masson.
Voici les grandes lignes de ce projet et ses but pédagogiques.
1. Donner la chance à mes élèves d’échanger, par écrit, avec d’autres élèves du monde, peu importe l’âge et l’endroit.
2. Partager le quotidien d’une classe de 1re année avec les parents des élèves et les abonnés du compte de la classe.
3. Motiver les élèves à lire et écrire dans des situations réelles de communication.
4. Sensibiliser les élèves à la réalité des réseaux sociaux en donnant des bases solides concernant l’identité numérique et les mises en garde appropriées.
5. Utiliser la technologie de façon quotidienne en classe.
6. Favoriser l’entraide lors de l’écriture des “tweets”, étant donné le niveau apprenti des élèves.
7. Donner une voix aux élèves plus timides, qui ne partagent pas nécessairement souvent lors des échanges verbaux en classe.
8. Travailler la compétence d’univers social construire sa représentation de l’espace, du temps et de la société, du programme de formation du Québec.
Les parents
J’ai annoncé le projet aux parents lors de la première réunion de septembre. Après quelques questions sur twitter, j’ai constaté que la majorité d’entre eux ne l’utilisaient pas. En faisant des liens avec Facebook, qui est plus connu, j’ai tenté de bien expliquer ce que cela représenterait comme démarche éducative en classe. Avant tout, ceux-ci avaient besoin d’être rassurés, ce qui est tout à fait légitime de leur part. Mon but premier étant d’échanger avec d’autres élèves, j’ai réalisé que cet aspect a semblé plaire à la majorité d’entre eux. Je les ai fortement encouragés à s’ouvrir eux-mêmes un compte twitter afin de mieux comprendre ce dont il s’agissait. Du même coup, je leur ai annoncé l’existence d’une page facebook de la classe qui servirait de pont entre eux et moi, et où je les encourageais à me poser des questions.
Le lancement
Étant la seule (à ma connaissance) à utiliser twitter en classe dans ma commission scolaire, j’ai tenté de trouver le plus grand nombre de classes avec qui échanger. Car, on a beau être motivé et croire à un projet, vient un temps où on se sent bien seul dans notre galère. Au fil de mes recherches, j’ai découvert plusieurs classes européennes et quelques classes de 2e et 3e cycle au Québec (voir nos abonnements sur notre compte twitter). Peu à peu, le compte de la classe a pris forme. Dans le but d’informer les parents, le fil de nouvelles du compte twitter a été ajouté sur le blogue de la classe.
Dans les mois à venir, je décrirai comment est vécue cette expérience dans la classe. À suivre…
Pourquoi twitter en classe? (1re partie)
Last modified on 2012-01-24 08:13:04 GMT. 0 comments. Top.
Motivations
Dès mes débuts en enseignement, j’ai toujours cherché à trouver des moyens pour établir des liens entre mes élèves et ceux d’autres régions et pays. Le fait d’amener les enfants à voir au-delà de leur réalité quotidienne, de voir ce qu’est “l’ailleurs”, demeure une préoccupation constante pour moi. La compétence du programme de formation dans le domaine de l’univers social du 1er cycle, construire sa représentation de l’espace, du temps et de la société, est parfois peu exploitée alors qu’à mon avis, elle est source d’une motivation énorme pour beaucoup d’élèves.
Déceptions
Dans le passé, j’ai tenté de trouver des contacts et des classes, par divers moyens, mais cela m’a souvent menée à des déceptions, car il est difficile de trouver des groupes avec qui échanger de façon constructive et signifiante. De plus, dans le brouhaha d’une classe de 1re année, il est difficile de garder le contact avec une classe au moyen de courriels et d’envois postaux. Le problème est que nous perdons le fil, que souvent l’intérêt baisse, et que de tels échanges se terminent souvent de façon abrupte, laissant les élèves et les enseignants sur leur faim.
Découvertes
Il y a 3 ans, j’ai commencé à utiliser Twitter de façon personnelle, et y voyant peu d’intérêt, j’ai délaissé ce compte. Puis en juin 2011, j’en ai réouvert un, mais ayant pour objectif de me construire un réseau professionnel autour de l’éducation. Cette fois, j’ai rapidement compris tout l’intérêt que cet outil comportait. De fil en aiguille, j’en suis venue à connaître le réseau des Twittclasses et j’ai commencé à suivre les propos de certaines classes sur twitter. Que de possibilités s’offraient à moi et mon projet d’ouverture sur le monde!
Décision
J’ai alors fait des recherches sur l’utilisation de Twitter en classe chez mes prédécesseurs du Québec et de la France, dont plusieurs sont répertoriés sur le site des Twittclasses. Allais-je me lancer ou non? Le risque était grand, mais le désir d’essayer cette avenue était trop fort pour reculer. Étant particulièrement préoccupée par la sécurité de mes élève en ligne , j’ai établi mon projet en consultant tour à tour ma direction d’école, les intervenants de ma commission scolaire et des sites comme celui de Carrefour-éducation. Quelques enseignants du secondaire utilisant déjà Twitter en classe dans ma région, la porte était ouverte afin de concrétiser mon projet…
(suite dans un prochain article)
Brigitte Léonard @Brigitteprof
